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SAWMAHSAWMAH
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La Chine : le voyage dont je ne t'ai jamais parlé

السلام عليكم ورحمة الله وبركاته Si tu suis mes récits depuis le début, tu as lu l'Égypte, le Qatar, Médine, le Japon. Mais il y a un voyage que j'ai...

السلام عليكم ورحمة الله وبركاته

Si tu suis mes récits depuis le début, tu as lu l'Égypte, le Qatar, Médine, le Japon. Mais il y a un voyage que j'ai mentionné une seule fois, en une ligne, dans mon tout premier article — et dont je n'ai jamais rien raconté : la Chine.

Ce n'est pas un oubli. C'est le voyage qui m'a le plus bousculé, et il m'a fallu du temps pour savoir quoi en dire.

Là où naissent presque tous les vêtements du monde

Il faut le voir pour le comprendre. Des marchés de tissus grands comme des quartiers entiers. Des étages et des étages de rouleaux, de boutons, de fermetures, de fils. Des usines capables de sortir en une journée ce qu'un atelier du Caire produit en plusieurs mois.

Quand tu t'intéresses au vêtement, la Chine est une évidence : la quasi-totalité de ce que nous portons, toi et moi, est passée par là d'une manière ou d'une autre. Le tissu, la teinture, la broderie, l'étiquette, le cintre. Même les marques qui affichent fièrement d'autres origines s'y fournissent souvent pour une partie de la chaîne.

J'y suis allé pour ça. Voir de mes yeux d'où vient tout, comprendre les prix, comprendre pourquoi certains vêtements coûtent trois fois rien et d'autres dix fois plus.

Ce que j'y ai trouvé m'a impressionné… et dérangé

Soyons honnêtes : le savoir-faire est là. J'ai vu des machines d'une précision incroyable, des broderies d'une finesse que peu d'ateliers égalent, des gens qui travaillent avec un sérieux impressionnant.

Mais j'ai vu autre chose aussi. La vitesse comme religion. Le prix comme seule boussole. Des vendeurs capables de te fournir la copie exacte de n'importe quelle pièce que tu leur montres en photo, en moins d'une semaine, sans jamais se demander à qui appartenait l'idée.

Et là, une question m'a poursuivi tout le voyage : c'est donc ça, le secret de toutes ces boutiques qui inondent le marché ? Prendre une photo, commander mille pièces au prix le plus bas, revendre avec un joli site et un compte à rebours ?

La réponse est oui. C'est exactement ça. Et c'est d'une facilité déconcertante.

Le choix que j'ai fait en rentrant

Je vais te dire la vérité : cette facilité m'a tenté. N'importe quel entrepreneur qui te dit le contraire n'a jamais mis les pieds là-bas.

Tu peux multiplier tes marges du jour au lendemain. Tu peux sortir dix nouveautés par mois. Tu peux devenir « une boutique comme les autres » — et gagner probablement plus d'argent que Sawmah n'en gagne aujourd'hui.

Mais je repensais aux ateliers du Caire. Aux couturiers qui m'ont appris le métier, qui me disaient non quand une coupe ne tenait pas, qui touchaient le tissu avant de le couper. Je repensais à ce que je voulais construire : une marque où chaque pièce a une histoire vraie, pas une référence dans un catalogue d'usine.

Alors j'ai fait un tri. La Chine m'a appris à reconnaître la qualité d'une machine, la justesse d'un prix, la valeur réelle des choses. Je m'en sers aujourd'hui pour négocier, pour comparer, pour ne pas me faire raconter d'histoires. Mais je refuse d'en faire le raccourci qui viderait Sawmah de son sens.

Aller vite, tout le monde sait faire. Rester fidèle à une intention quand la facilité te tend les bras, c'est là que tout se joue.

Ce que ce voyage a changé pour toi

Peut-être que tu te demandes en quoi tout ça te concerne.

Ça te concerne parce que chaque fois que tu achètes un vêtement — chez Sawmah ou ailleurs — tu votes pour un modèle. Celui de la copie rapide et du prix cassé, ou celui du travail patient et de la pièce pensée. Aucun des deux n'est caché : il suffit de regarder comment une marque parle, ce qu'elle montre, ce qu'elle tait.

Moi, j'ai choisi de tout te montrer. Les réussites comme le Japon raté, les coulisses comme les doutes. Parce qu'un frère qui sait ce qu'il porte le porte différemment.

Il me reste encore des carnets de voyage à ouvrir, in shaa Allah. Mais celui-là, il fallait que je te le raconte avant que tu ne l'apprennes autrement : oui, je suis allé en Chine. Et c'est précisément là-bas que j'ai décidé de ne jamais faire ce que tout le monde y fait.

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